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CONFISCATION DES ARMES: LETTRE OUVERTE D’UN POLICIER

(La traduction de cet article a été réalisée par un tiers. Cette lettre a été soumise à l’origine à la CCDAF en anglais)

Chers collègues des forces de l’ordre,

Beaucoup de choses ont été dites ces dernières semaines sur les armes à feu par les politiciens des deux côtés du débat, par les membres du public et par les chroniqueurs des médias. Mais peu de choses ont été dites publiquement par ceux d’entre nous, qui sommes des professionnels engagés et formés dans le domaine de la sécurité publique. Pourtant, cette question nous concerne directement.

Récemment, le gouvernement a décidé qu’il était au-dessus de notre système parlementaire et a utilisé un décret pour faire passer des lois plutôt que de recourir au débat parlementaire. La raison en est simple, ils n’auraient pas pu faire passer la législation sans piétiner la démocratie dans leur tentative de forcer un programme idéologique, de division et partisan. Les libéraux ont clairement décidé de suivre la voie de la politique américaine et d’utiliser la division comme un outil politique plutôt que d’essayer d’unir notre pays et de travailler à un consensus et pour une réelle sécurité publique. Le programme de confiscation qui est mis en place causera sans aucun doute une énorme érosion des droits garantis par la Charte et un terrible précédent pour la démocratie canadienne. Si ça continue, il créera aussi un précédent en vertu duquel tout parti au pouvoir pourra promulguer la législation qu’il souhaite sans passer par le Parlement.

Je suis policier dans une grande ville d’une province de l’Ouest et qui voit sa bonne part d’incidents liés aux armes à feu. Je travaille dans une équipe spécialisée qui s’occupe de plusieurs sections, dont l’une est la lutte contre la criminalité des gangs, ce qui signifie essentiellement deux choses : la drogue et les armes à feu. Je possède un AR15, un Glock et un fusil de chasse à pompe (ainsi qu’un certain nombre d’autres carabines, fusils de chasse et armes de poing). J’ai choisi de les posséder parce que cela me permet de m’entraîner pour assurer ma propre sécurité, celle du public et celle de mes collègues. Je chasse également. La formation est de plus en plus difficile à obtenir au travail et avec les réductions budgétaires actuelles, la situation ne risque que d’empirer. Commencer à retirer aux policiers les armes à feu qu’ils utilisent pour leur formation rendra les policiers et le public moins sécuritaire. Pour les policiers, il est courant de posséder à titre privé des armes à feu similaires ou identiques à celles qu’ils utilisent à titre professionnel. Ce n’est pas différent de l’entraînement au gymnase pendant vos jours de congé.

Il s’agit ici d’une lettre ouverte sur le fait d’être du bon côté de l’histoire et de faire les bonnes choses pour les bonnes raisons. Cela vaut pour nous et pour le gouvernement. Vous et moi sommes responsables de chaque décision que nous prenons, de chaque mot qui sort de notre bouche, de chaque décision de recours à la force. En tant que Canadiens, nous avons droit au même niveau de responsabilité de la part de notre gouvernement. Si nous ne pouvons pas expliquer nos actions lorsque nous confisquons des biens à quelqu’un ou que nous lui retirons sa liberté, il y a un grave problème. Il devrait en être de même pour le gouvernement. Le temps est venu pour le gouvernement d’arrêter de mentir et d’éviter de répondre aux questions.

Il est important de toujours garder à l’esprit que les gouvernements, les politiciens et les idéologies partisanes vont et viennent. Nous sommes au service du peuple canadien. Nous ne sommes pas un outil du gouvernement minoritaire qui attend d’imposer son agenda, prêt à piétiner les droits des citoyens du Canada en vertu de la Charte et à saisir des biens obtenus légalement des mains d’hommes et de femmes innocents.

L’histoire regorge de cas d’hommes et de femmes de bien qui ont fait des choses horribles sur ordre de leur gouvernement ou de leur organisation, qu’il s’agisse des forces de l’ordre ou d’une unité militaire.

Si l’opposition officielle ou les tribunaux canadiens n’annulent pas cette décision, les membres des forces de l’ordre au Canada ainsi que d’autres acteurs du système judiciaire seront impliqués dans la violation des droits des citoyens canadiens respectueux de la loi en vertu de l’article 8 de la Charte et ce, au moment où nous en serons à exécuter des saisies illégales de propriétés privées. Comme nous le savons tous, il ne suffit pas qu’une saisie soit autorisée par la loi, la loi se doit également d’être raisonnable. Étant donné que cette modification a été apportée par décret par un gouvernement minoritaire sans débat ni approbation parlementaires, je crains fort qu’elle ne soit jugée raisonnable. Tant que le système judiciaire canadien n’aura pas statué si cette loi est raisonnable, nous nous mettons une fois de plus dans une position où nous nous trouvons du mauvais côté de l’histoire. Il est tout à fait possible que dans les années à venir, nous soyons amenés à criminaliser des personnes innocentes, à pénétrer dans leurs domiciles et à leur retirer leurs biens.

Toutes ces actions seront menées parce qu’un petit groupe de personnes dans un gouvernement minoritaire a décidé qu’elles étaient au-dessus de notre parlement et de nos tribunaux.

C’est le rôle du Parlement et des tribunaux de régler ce problème. D’ici là, je pense que nous, les professionnels de l’application de la loi et les Canadiens, devrions réfléchir longuement à la question de savoir si nous voulons être des agents du gouvernement ou des protecteurs de nos communautés.

J’encourage tous ceux et celle d’entre vous qui lisent ces lignes et qui sont d’accord pour que le gouvernement mette fin à cette action et se concentre sur les criminels, à écrire une lettre exprimant vos opinions et l’envoyer anonymement à la CCDAF. Ils vous fourniront des détails sur la manière de procéder. Nous devons faire entendre notre voix. Nous sommes les professionnels de la sécurité publique, nous sommes ceux qui pourchassent les criminels avec les armes.

Nous nous devons de dire la vérité.

Sincèrement, un collègue et un citoyen canadien inquiet.

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